Mongolie 1994
Oulan Bator, ville sans âme avec son architecture soviétique nous rappelle que de 1924 à 1990, la Mongolie était une république populaire, pays satellite de l’URSS. Dans certains quartiers de la ville, les Mongols n’ont pas perdu leurs traditions et on aperçoit des yourtes dans la cour des maisons qui apportent une note plus chaleureuse aux habitations rudimentaires.
A la date de notre voyage, le pays compte 2 millions d’habitants pour un pays grand comme trois fois la France. Qui penserait aujourd’hui que la Mongolie fut le plus grand empire du monde. Au XIIIe siècle, Gengis Khan et ses guerriers ont conquis un territoire allant de la mer jaune à l’Adriatique. Jusqu’au XIIe siècle, la Mongolie était composée de tribus turques et mongoles qui se battaient entre elles. Jusqu’au VIIIe siècle ce sont les tribus turques qui ont dominé : les Tou Kue, les ouïgours. Au début du Xe siècle, les tribus mongoles qui aspiraient à s’unir vont forcer les tribus turques à reculer. Gengis Khan est nommé Khan de Mongolie. Devenu maître de la Mongolie, il va continuer la conquête du monde. Celle-ci sera poursuivie par ses descendants. L’empire mongol s’effondrera au XVIIe avec l’avènement de la dynastie mandchoue. Au XVIe siècle, la Mongolie se convertit au bouddhisme lamaïste par l’intermédiaire du souverain Altan Khan qui rencontre le chef de la secte jaune tibétaine.
Nous prenons un vol pour Bayan Olgii. La famille de Dastan, notre guide mongol nous accueille avec un festin sous la yourte. Nos chauffeurs nous attendent, une jeep, un camion pour le matériel et une …volga bleu turquoise. Après le repas organisé par la grand-mère de Dastan, nous partons en direction de l’Altaï.
Nous allons camper le soir près d’une yourte d’un chasseur à l’aigle. Le lendemain nous repartons pour la région des lacs vers la frontière chinoise. Le paysage est splendide. Nous reprenons la route vers le lac Tolbo et le mont Sangaro. Nous sommes accueillis sous la yourte de l’oncle de Dastan. La région est magnifique au pied du mont Sangaro, dont le sommet est enneigé. Nous allons rendre visite à des chasseurs à l’aigle qui nous font une démonstration. Après trois jours passés dans cet endroit merveilleux, nous reprenons l’avion pour Oulan Bator
Nous partons pour le désert de Gobi. Jusqu’à Dalanzadgad, nous traversons la steppe. 600 kilomètres sans voir un seul arbre. Le désert de Gobi dans sa partie Ouest a peu de sable et est couvert d’un peu de végétation. Quelques nomades élèvent des chameaux, des moutons, des chèvres, des chevaux. Les gazelles, les bouquetins, les mouflons y vivent en toute tranquillité. Dans la journée, sous l’effet de la chaleur des paysages imaginaires apparaissent. A la tombée du jour, la lumière crée à chaque moment de nouvelles scènes. Nous déjeunons à la « ger », nom mongol de la yourte, d’un éleveur de chameaux. La ger est composée d’un treillis directement posé sur le sol, le tout est recouvert de feutre. L’aménagement de la ger n’a pas changé depuis le XIIIe siècle. On peut l’acheter toute faite à Oulan Bator. Quand on entre dans une ger on doit respecter certains usages. Le coin des invités se situe à gauche. Le rite le plus important est l’échange des tabatières. Ensuite l’hôtesse vous sert le thé, l’aïrak.
Après le désert de Gobi, nous partons pour la vallée de l’Orkhon, région d’élevage. Nous visitons le monastère d’Erdeni dzu, un des rares monastères qui a survécu aux destructions des russes. Au début du siècle, il y avait un millier de monastères en Mongolie. Il en reste moins d’une dizaine maintenant et seulement deux ou trois ont repris une activité religieuse. Erdeni dzu était l’un des plus grand, sinon le plus grand de toute la Mongolie. Les trois quarts des temples ont été détruits. Le monastère est entouré d’un mur, composé de 108 stupas. Le monastère a repris une activité religieuse. Une trentaine de moines vivent là.
Après la vallée de l’Orkhon, nous retournons à Oulan Bator pour assister aux fêtes du Nadam. La fête nationale est l’occasion de compétitions sportives et les nomades viennent de toute la Mongolie pour participer à ces jeux. Les trois grands sports sont la lutte mongole, le tir à l’arc et les courses de chevaux.
La lutte : Deux lutteurs doivent faire toucher terre à l’adversaire selon des règles très précises. Avant de commencer le combat, le lutteur par des gestes très lents, danse en imitant le vol de l’aigle. Les coups sont interdits. Le lutteur est vêtu d’un boléro qui ne couvre que le haut du dos, les épaules et les bras et une culotte très découpée sur les hanches.
Le tir à l’arc : Le tir à l’arc est pratiqué aussi bien par les hommes que par les femmes et les enfants. Seule la distance est différente. Chacun a 20 flèches à tirer. Quand la cible est atteinte les arbitres lèvent les bras au ciel et poussent des cris de joie.
La course de chevaux : Ce sont des enfants entre 4 et 10 ans qui montent les chevaux sur une distance de 20 à 40 km selon les courses. C’est le cheval qui est récompensé et non le cavalier. Les spectateurs regardent la course assis sur leur cheval.
Tout autour du champ de courses, un immense campement de nomades est l’occasion de retrouver des amis, de la famille. Après le Nadam, nous retournons ensuite à Oulan Bator avant de reprendre l’avion pour Paris.
Je quitte avec regret « le pays au ciel bleu » n’ayant pu approfondir la vie de ce peuple nomade qui vit au rythme de la nature. Ces steppes infinies gardent une part de mystère pour moi.