Ethiopie

Avril 2000

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Après avoir assisté aux fêtes de Pâques à Lalibela, nous voici dans la Vallée de l’Omo pour visiter les villages des tribus Hamer, Karos, Mursi…

C’est un tout autre visage de l’Ethiopie que nous découvrons. Les habitants ont conservé leurs traditions et leur culture au fil du temps. Chaque communauté a développé sa propre identité. Elle est reconnaissable à ses peintures corporelles, son habillement, ses bijoux, sa coiffure et même ses mutilations dans le cas des Mursis. Dans ces régions déshéritées, le fleuve Omo qui traverse les hauts plateaux est une ressource précieuse pour ces populations qui vivent de l’agriculture et de l’élevage.

Autour de la ville de Turmi nous visitons les marchés animés tenus par les Hamers. Les femmes Hamer ont une coiffure caractéristique. Elles enroulent leurs mèches de cheveux avec du beurre et de l’ocre rouge. Le mélange rend les cheveux brillants et leur donne une couleur qui est perçue comme très belle par les membres de la communauté. C’est aussi un symbole de féminité et d’attractivité. Elles  ornent leur corps de bracelets, de perles de couleurs différentes et de colliers. Les femmes mariées portent d’épais colliers de cuivre. La poitrine souvent dénudée, elles portent une simple jupe en peau de chèvre. Certaines femmes portent une calebasse sur la tête en guise de chapeau cela signifie qu’elles sont mariées. La calebasse est aussi un objet utilitaire. Elle sert à transporter de l’eau, du lait ou d’autres liquides.

Les hommes se rasent la tête, à l’exception d’une petite partie, sorte de chignon, enduite d’argile et décorée d’une plume d’autruche. Elle est signe de bravoure. Ils portent des bracelets et des perles décorés de rouge et de noir.

S’il y a un objet dont l’homme ne se sépare jamais c’est le petit tabouret. Il est emporté partout et ils ne s’en servent pas seulement pour s’asseoir, mais aussi comme oreiller pour dormir. Il est symbole de maturité et de statut social : seuls les hommes adultes ayant passé certains rites d’initiation, en possèdent un. Le style ou la décoration du tabouret peut aussi refléter le rang ou l’importance d’un individu dans la communauté.

Le long du fleuve Omo, les Karos nous accueillent dans leur village. Les hommes et les femmes se peignent le corps avec de la craie blanche, de la terre ocre rouge, du charbon et d’autres pigments naturels qui les identifient.

La rencontre avec les Mursis est difficile et me laisse une certaine amertume. Un groupe d’hommes armés de  kalachnikovs nous empêche d’aller jusqu’à leur village. Ils acceptent seulement que les femmes viennent à notre rencontre en échange d’un peu d’argent. Les femmes arrivent portant un petit plateau labial inséré dans la lèvre inférieure. Celui-ci est considéré comme un signe de beauté et de statut social.

L’origine de cette pratique reste mystérieuse car elle remonte à plusieurs siècles.

Une théorie explique que la pratique aurait pu être liée à une protection contre l’esclavage, le plateau rendant la femme moins « désirable » aux yeux des esclavagistes, ce qui aurait réduit les risques de capture. Cette explication est discutée et  n’est pas confirmée.

Certains chercheurs soulignent que plus le plateau est grand, plus cela témoigne d’un statut élevé ou d’une richesse familiale, en particulier liée au nombre de bétail possédé.  La taille du plateau et la manière dont il est décoré pourraient donc être une forme de communication sociale sur la position de la famille au sein du clan.

Je retiendrai de ce voyage le sourire et la gaieté des Hamers, leurs décorations qui vous enchantent, les peintures corporelles des Karos, véritables tableaux vivants qui embellissent le corps. Je garderai longtemps dans ma mémoire des hommes et des femmes qui ont su garder une marque d’identité qui les distingue des autres.